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Ici, nous nous limiterons à de brefs rappels.
Principes
Les deux principes sur lesquelles s'appuit Albert
Einstein pour établir la relativité restreinte sont
- Les lois de la physique sont les mêmes
dans tous les référentiels inertiels.
- La vitesse de la lumière dans le vide
a la même valeur dans tous les référentiels
inertiels.
Ces deux principes remettent en cause la vision
classique de l'espace et du temps.
Relativité de la simultanéité
Depuis Albert, la notion de simultanéité
a perdu son caractère absolu et est devenue relative au référentiel
choisi.
Pour s'en convaincre, il suffit d'imaginer la scène suivante
:
Albert et Bob sont séparés par
une distance D. Au milieu (à D/2) se trouve une ampoule électrique
éteinte.
L'ampoule s'allume. Qui sera éclairé en premier ?
Réponse
Les deux mon général
!
La lumière va se propager comme une sphère qui grossit
à vitesse c. Un rayon de lumière partira vers Albert,
il va parcourir une distance D/2 et atteindra Albert à
D/2c. Un autre rayon partira vers Bob à la même vitesse
et l'atteindra aussi à D/2c.
Les éclairements seront simultanés.
Maintenant, l'ampoule fonce vers Albert (et
s'éloigne de Bob) à vitesse constante. A D/2, elle s'allume.
Qui sera éclairé en premier ?
Réponse
numéro 1
Exactement la même réponse qu'avant
!
Rien ne change : un rayon de lumière partira du centre vers
Albert à la même vitesse c que tout à l'heure.
Idem pour Bob.
Les éclairements seront simultanés.
En cinématique classique, la lumière
aurait "profité" de l'élan de l'ampoule.
L'addition des vitesses aurait donnée une vitesse v + c
au rayon qui va vers Albert et v - c à celui allant
vers Bob. Albert aurait été éclairé
en premier.
Mais "la vitesse de la lumière
dans le vide a la même valeur dans tous les référentiels
inertiels". La bulle de lumière sera la même que
quand l'ampoule était fixe.
Question subsidiaire : Quelle est la bonne réponse
?
Réponse
: Les deux mon général ! La simultanéité
n'est pas absolue, elle dépend du référentiel.
La réponse numéro 1 est correcte dans le référentiel
d'Albert et Bob.
La réponse numéro 2 est correcte dans le référentiel
de l'ampoule.
Et aucune des deux n'a plus de valeur que l'autre.
C'est la relativité !
Transformation de Lorentz
Elle fournit les équations de passage d'un
référentiel inertiel à un autre :

Le référentiel dans lequel un phénomène
physique est au repos est son référentiel propre.
Il définit son temps et sa longueur propre.
On peut appliquer la transformation de Lorentz à
l'exemple Albert et Bob.
Dans le référentiel d'Albert et Bob
- Albert est éclairé en Xa = D/2 et Ta = D/2c
- Bob l'est en Xb = -D/2 et Tb = D/2c.
- Albert et Bob sont éclairés au même instant.
Dans le référentiel de l'ampoule
- Albert est éclairé en T'a = γ (Xa - vTa) =
γ D/2c - γ vD/2c2
- Bob l'est en T'b = γ (Xb - vTb) =
γ D/2c + γ vD/2c2.
- T'b - T'a = γ vD/c2 > 0 si
v > 0, c'est-à-dire si l'ampoule va vers Albert.
- Albert est éclairé en premier.
Espace de Minkowski
Un espace de Minkowski représente
l'espace-temps en 4 dimensions. Un axe temporel
(en fait une distance en icT) est ajouté à notre espace
3D classique. Chaque point
de cet espace possède 4 coordonnées et représente
un événement dans l'espace-temps.
Une pseudo-norme est définie par OM2= X2
+ Y2 + Z2 - c2T2.
Les diagrammes de Minkowski sont des cadres idéaux
pour représenter
et analyser les phénomènes en relativité restreinte.
Voyons çà avec notre exemple d'Albert
et Bob : les diagrammes de Minkowski sont à gauche.
Les animations de droite sont des fioritures de fiXiences. Pour
plus de détails sur les animations : Espace
de Minkowski.
Dans le référentiel
d'Albert et Bob
Albert est immobile en X = 50. Sa trajectoire est une droite verticale.
Idem pour Bob en X = -50.
L'ampoule se déplace à v = 60 % de c. Elle suit une
droite de pente 1/β = 1/0.6.
La lumière est émise à T=0 et X=0. Un photon
part vers Albert en suivant une droite de pente 1.
Ils se rencontrent en A1(50,50). L'impact avec Bob est
en B1(-50,50).
Dans le référentiel
de l'ampoule
Le diagramme est obtenu en appliquant la transformation de Lorentz
aux points A0, A1, B0 et B1
en prenant β = 60%.
Ici, c'est l'ampoule qui est fixe en X = 0, alors qu'Albert et Bob
suivent des droites de pente -1/β.
L'impact Albert/photon a lieu à T'a=25 (point A1).
L'impact Bob/photon a lieu au point B1,
c'est-à-dire à T'b=100. Albert est bien éclairé
en premier !
Dilatation des durées
La durée d'un phénomène physique
dépend du référentiel choisi.
La plus courte durée D0 est celle mesurée
dans son référentiel propre.
Dans un autre référentiel, la durée D est dilatée
d'un facteur gamma : D = γ D0
Par exemple, voici un morceau de violon joué
par Albert

Et le même morceau à 96 % de C.

Quel gâchis... Si des extra-terrestres passent à grande
vitesse près de la Terre, ils ne pourront même pas
appécier Mozart !
Contraction des longueurs
La longueur d'un objet est définie comme
la distance entre les points qui coïncident
avec les extrémités de cet objet à un instant
choisi arbitrairement.
Comme pour les durées, cette longueur dépend du référentiel.
La longueur la plus longue La longueur la
plus importante L0 est celle mesurée
dans le référentiel propre de l'objet. Dans un autre
référentiel, cette longueur
est contractée d'un facteur gamma : L = L0 / γ
Par exemple, voici la photo d'Albert
(1) à différentes
vitesses.

Et l'observateur dans tout çà ?
Il est ignoré... La relativité restreinte
donne une description des systèmes physiques dans différents
référentiels. Et la description
d'un système n'en est pas la perception.
La perception est l'ensemble des informations sur le système
qu'en a un observateur précis à un instant donné.
Prenons un exemple simple : on fixe une ampoule
à chaque extrémité d'un bâton. Les ampoules
changent de couleur toutes les secondes (rouge, bleu, rouge, bleu...).
On s'arrange pour que les deux ampoules n'aient jamais la même
couleur (déphasage d'une seconde).
Le système décrit : Relancer
l'animation
Maintenant supposons que le bâton mesure 300 000 km,
soit 1 seconde lumière ou encore la distance Terre-Lune.
Pour un observateur situé à une extrémité
du bâton, le système est perçu comme ayant toujours
les deux ampoules de la même couleur puisque la lumière
de l'autre ampoule lui arrive avec 1 seconde de retard.
Le système observé : Relancer
l'animation
Si, par exemple, le Soleil et la Lune se désintégraient
ensemble, ces événements seraient perçus sur
Terre avec respectivement 8'30" et 1" de décalage.
Mais les désintégrations seraient quand même
simultanées.
Pour vérifier : assurez vous que la
Lune et le Soleil soient bien visibles,
préparez un chronomètre et cliquez sur le bouton suivant.
En relativité,
la description d'un système demande
- une synchronisation des horloges fixes du référentiel,
- plusieurs mesures à différents endroits et temps,
- un bilan de l'ensemble.
Décrire notre bâton bicolore nécessite deux
physiciens : un sur Terre et l'autre sur la Lune, avec des horloges
synchrones. Chacun note ce qu'il mesure à son extrémité
et un bilan est fait plus tard pour décrire le système.
Aucun observateur n'est privilégié dans le processus.
1. Einstein bien sûr ! Mais
moi, je l'appelle par son p'tit nom .
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